Conditions physiques

Le Parc National du Chambi est représentatif de l'ensemble des conditions physiques de l'Atlas tunisien. Située dans le triangle Thala, Sbeitla et Fernana, la région du Chambi appartient à la zone des Hauts-Plateaux du Centre de la Tunisie. Au sommet du Djebel Chambi est implanté un croissant métallique, symbole de l'Islam.
Ce sont les Scouts tunisiens. qui, lors de l'indépendance du pays, ont réalisé cet exploit.
De décembre à mars, les chutes de neige sont fréquentes au sommet du Dj. Chambi. Mais la neige reste rarement plus de trois jours.
La pluviométrie est de 400 à 500 mm en montagne et de 250 mm dans les plaines. Les pluies sont très irrégulières et tombent surtout en automne et au printemps. En hiver, les vents froids du Nord et du Nord-Ouest peuvent faire descendre la température en-dessous de 0 degres. En été, par contre, les vents chauds du Sahara (Sirocco) font grimper la température à + 40degrés C à l'ombre.
Dans le Parc, la flore varie en fonction de l'altitude, de l'exposition et de la nature du sol. Dans les endroits les plus élevés, la végétation est abondante et variée. En hauteur, le chêne-vert, l'essence la plus caractéristique, est mélangé au ciste, au génévrier et au diss. Plus bas, on trouve la forêt de pin l'Alep avec du génévrier, du romarin et de l'alfa. Le massif du Chambi constitue donc une succession remarquable de groupements végétaux, depuis le chêne-vert des rochers du sommet jusqu'à la steppe d'alfa du piémont en passant par la pineraie.
La montagne est le refuge de la gazelle des montagnes et de l'hyène rayée. Un grand nombre d'oiseaux nichent dans les falaises, les broussailles et les arbres. En hiver et en été, le Djebel Chambi est aussi une étape pour les oiseaux migrateurs.

A l'intérieur du Parc existent plusieurs sources d'eau douce. Une clôture longue de 62 km a été installée autour du Parc. Elle garantit une protection efficace en arrêtant les animaux domestiques et en permettant le passage de la faune sauvage.
Dans la montagne se trouvent des vestiges historiques, en particulier à côté du châlet forestier près du sommet.
Sur le piémont Sud du Dj. Chambi, un Ecomusée, centre d'information et de recherche, a été construit avec les pierres de la montagne.
L'aménagement d'une piste permet la visite des diverses stations d'observation du Djebel Chambi jusqu'au sommet. Mais il faut un véhicule tout terrain.
Géologiquement, le Parc National du Djebel Chambi se rattache à la chaîne des anticlinaux des Djebels Kesra, Bargou et Serdj jusqu'à Zaghouan. Cet alignement est le prolongement de l'Atlas Saharien connu sous le nom de Dorsale Tunisienne.

Le substrat géologique sur lequel s'observe la végétation forestière du Djebel est varié. Les affleurements calcaires appartiennent à diverses époques. Les calcaires durs datent du Trias dans la partie Est du Chambi, et les calcaires tendres formés tout au long du Crétacé, affleurent sur les flancs du Djebel. Les marnes sont du Crétacé inférieur et moyen. Les marnes rouges lie-de-vin au flanc du pie- mont Sud et au sommet datent probablement du Pon tien. A divers endroits de la montagne, on trouve des bancs d'huîtres fossilisées.

Outre les gisements calaminaires (zinc), d'hématites (fer) et de galène (plomb), les géologues ont décelé du charbon de l'ère secondaire en petite quantité. Des analyses ont révélé une houille grasse de bonne qualité. Les cristaux de galène sont utilisés dans la fabrication de la poudre de "kôhl destinée à l'embellissement des yeux.

De part et d'autre du Djebel Chambi, les bassins de Foussana et de Kasserine forment des dépressions où s'accumulent les alluvions quaternaires.

Les torrents d'eau qui descendent du Djebel Chambi, lors des fortes pluies d'orage, ont creusé de profondes entailles dans ces alluvions et créé ainsi un relief de "canyons . Dans les couches de ces canyons, des têtes d'élèphant fossilisées ont été découvertes.